Réunion sur l'avenir de l'école
Par MJC le dimanche 11 janvier 2009, 22:16 - Ecole - Lien permanent

J'ai assisté le jeudi 11 décembre 2008 à la réunion/débat organisée par madame la directrice de l'école primaire de Cranves-Sales. Très, très, très déprimant !
La réunion rassemblait une bonne quarantaine de personnes, dont une dizaine
de membres de l'APE et quelques professeurs des
écoles. C'est peu par rapport à l'enjeu, mais pas si mal compte tenu du manque
de publicité sur Cranves-Sales.
Le bureau se composait de Mme la directrice de l'école primaire de
Cranves-Sales, de Mr. Michel Bavin, professeur des écoles à Thonon et syndicaliste, de Mme
Fokeladeh, professeur des écoles à Cranves-Sales,
de Mme Odeyer, membre de la commission scolaire
de Cranves-Sales, de Mme Boinnard professeur au
lycée des Glières, de Mme Duvillard, RASED et
habitante de Cranves-Sales, et de Mr. le maire.
Un délégué de l'UCE est excusé.
Mme la directrice a démarré la réunion en la présentant comme une information
aux parents pour l'avenir de leurs enfants, un éclairage sur la situation et a
remercié la mairie de Cranves-Sales d'avoir mis à disposition la salle de la
Maison des Sociétés.
Mr. Bavin a exposé
ensuite les différents thèmes, en abordant une par une les réformes en place ou
se profilant.
Je dois dire que j'avais noirci quatre pages pleines de notes, prises sur le vif, mais qu'en me relisant ces derniers soirs, je m'aperçois que la tâche que je m'étais fixée de publier ici un compte-rendu détaillé est juste impossible.
Je n'arriverai pas à rendre, dans le temps qui m'est imparti..., l'incroyable densité des informations données notamment par Mr. Bavin. Parce que mes notes ont été prises trop rapidement, que ma mémoire flanche sur les indispensables détails des modifications de calendrier et d'horaires, et les si nombreux termes techniques et abréviations.
Ma déception de ne pouvoir le faire est à la mesure du sentiment d'abattement que j'ai éprouvé suite à cette réunion. Comme tous les participants je pense. On a véritablement l'impression d'une casse organisée et méticuleuse de notre service public. La même impression d'assister impuissants au démantèlement de l'éducation "nationale", comme c'est le cas par exemple pour "la Poste". On coupe les budgets, on démantèle, on casse, ce qui fait le lit du privé.
Je résume ici quand même les grands thèmes de cette réunion très dense :
- La disparition du samedi matin, et le soutien
scolaire
Attention : ne pas confondre soutien scolaire et soutien spécialisé - La coupe claire dans les RASED (réseau d'aide spécialisée aux
élèves en difficulté)
3000 suppression de postes en vue ! Ministre sourd aux 250.000 signatures de la pétition. Ref : Collectif AHSH74. Il faudrait des RASED dans les collèges ! - L'avenir menacé des associations éducatives
complémentaires
L'USEP est directement touché, ce sont 10000 enfants licenciés en Haute-Savoie ! Les classes découvertes aussi ! - Stages de rattrapage pendant les vacances
Pas de réflexion sur le fond pour la mise en place (comme le reste !) - Le service minimum d'accueil
L'état se décharge sur les collectivités locales et les parents - L'accueil des enfants de 2-3 ans
On veut les envoyer dans le privé ! - Réforme de la 2nde au Lycée (mise sous le boisseau par Mr.
Darcos)
Le grand foutoir, sans consultation ni concertation - Suppression des IUFM
Un cursus universitaire, quid des stages ? - Création des EPEP (établissements publics d'enseignement
primaire)
Regrouper les écoles, mutualiser les moyens, c'est à terme supprimer des postes. Les collectivités locales qui le pourront subviendront aux besoins... les autres...
Par contre on a parlé du saccage de notre l'école républicaine, de sa véritable mise en pièces. Et ça, si c'est pas "politique"... Heureusement qu'il est arrivé passablement en retard et est parti avant la fin, je crois qu'il s'en serait rendu compte

Sur le rôle nouveau des collectivités locales dans le cadre de ces "réformes", Mr. le maire a fait des phrases. Je n'ai d'ailleurs même pas de notes...
Alors certes, le ministre Darcos a cédé entretemps sur quelques points, craignant le syndrome grec. Il n'en reste pas moins que tout le reste de ce qui se prépare, sans concertation, est grave.
D'autant que la finalité de l'ensemble est assez claire. Sous l'excuse de réaliser des économies budgétaires, on taille dans le service public de l'éducation nationale, pour faire la part belle au privé. L'hôpital, la Poste, l'école... joli tableau de chasse !
Quelques liens :
- Sur le site du FSD74 : Lettre ouverte d'un maire instituteur
- Une école pour Victor et Hugo
Et vous, qu'en pensez-vous ?
Commentaires
J'aime beaucoup les maires qui ne veulent pas faire de politique... Qu'il commencent pas ne pas se présenter aux élections.
Pas forcément rassurant, le démantèlement en Italie est encore pire.
Démantèlement de l'école publique, de la poste mais aussi de la télévision publique, des hopitaux publics et j'en passe. Tout est extrêmement calculé et au lieu de corriger ce qui ne va pas (et Dieu sait que le service publique en France n'est pas parfait), on le supprime à petit feu en utilisant des idées reçues et avec des arguments qui plaisent (trop de fonctionnaires non ?).
Malheureusement, les français ont voté pour ça, pourquoi être surpris maintenant ?