La grande peur ! (MAJ : 02/01/09)
Par MJC le lundi 29 décembre 2008, 22:58 - Maire - Lien permanent

J'ai assisté ce soir aux vœux de Mr. le maire de Cranves-Sales.
On avait fait les choses en grand. Sous la voute constellée d'étoiles de la salle des sociétés, toujours majestueuse, l'harmonie municipale accueillait les nombreux participants au son notamment du thème principal de la "Guerre des étoiles" et du "Livre de la Jungle".
Mais Bernard Boccard n'est pas Baloo ni Dark Vador ! Son discours volontariste ne laissait pas de place au doute. La moitié des promesses de campagne électorale auraient été réalisées en neuf mois. Il faudra que je fasse le compte... Et ça allait s'accélérer en 2009 !
Les satisfécits s'enchainent, je ne vais pas les énumérer tous ici, ce serait trop long. Du bon, il y en a : nouveau site de la mairie (à voir), développement durable (à voir), carrefour de la Bergue (à voir), aménagement du chef lieu (à voir), bâtiments sportifs, périscolaire et voirie (ancienne équipe municipale), du moins bon aussi, comme par exemple l'absence totale d'étude pour un nouveau groupe scolaire alors qu'il a été souligné que la population augmente...
Tiens d'ailleurs, c'est la première fois que j'entends le terme de "ville" pour désigner Cranves-sales... c'est pas très bon ça !
Mais tout à coup, le maire sort un instant de son discours très écrit pour improviser, un petit peu à la Sarko. Vous savez quand ce dernier commence ses phrases par un "alors moi j'vais vous dire...". Et là, comme une grande peur envahit l'assistance. Cranves-Sales n'est plus sûr, les malfrats rôdent, le crime est dans nos murs. Il faut que les habitants s'organisent, collaborent avec la police. Je m'attendais presque à la constitution de milices privées...
Un dérapage à mon avis inutile, disons-le démago ! Certes il y a des cambriolages, des incivilités, mais y en a-t-il vraiment plus qu'avant ? A-t-on des chiffres ? Est-ce que ça nécessite une telle mise en scène ? D'autant que Raymond Bardet en remet une couche ensuite !
Mais peut-être était-ce pour rassurer l'assistance dont la moyenne d'âge
était tout de même assez élevée ? 
Qu'en pensez-vous ?
PS : le buffet était très bien, merci !
MAJ : 02/01/09 : J'apprends ce matin que l'appartement de la buraliste de Cranves-Sales a été sauvagement cambriolé à Noël. Heureusement, elle n'a pas été agressée, mais son appartement a été mis à sac et des biens personnels qui lui étaient chers ont disparu. Les coupables sont connus, ont été filmés, mais ne seront sûrement pas retrouvés. Je déplore profondément cette agression. Mais ça ne me fait pas changer d'avis pour tout ça concernant ce que j'ai écris ci-dessus.
Commentaires
Sécurité, quelle sécurité?
Lundi 29 janvier 2008, lors de la présentation des voeux, devant une salle bien remplie et attentive à ses propos, Bernard Boccard, le maire de Cranves Sales a évoqué les nombreux problèmes auxquels, lui et son équipe, sont confrontés.
Parmi ceux-ci, le maire a eu cette phrase importante: "pour vivre heureux, vivons en sécurité" et il a appelé au civisme de nos concitoyens pour faire de la prévention en signalant, par exemple, à la police ou aux gendarmes tout ce qui pourrait faire craindre un quelconque acte de malveillance à l'encontre des personnes ou des biens. Le civisme est une bonne chose, l'auto surveillance peut être une alternative aux manques des effectifs des forces de l'ordre, que celles ci soient locales ou nationales, cependant la recherche de toute forme de prévention contre les différentes criminalités est très difficile.
Il n'est pas question de faire de l'angélisme en prétendant que tout le monde est beau et gentil. J'ai été victime d'une agression à l'arme blanche lors d'un séjour dans un pays étranger et c'est une situation difficile à surmonter, mais rien ne pouvait permettre de se douter de ce qu'il allait se passer. Après il faut réagir vivement, tout en se protégeant et surtout aller porter plainte auprès des forces de police en espérant que ces personnes qui commettent ces délits puissent êtres arrêtées et jugées selon les lois en vigueur.
Mais envisager une certaine construction de la dénonciation est un chemin périlleux. A partir de quand avertir la police, comment deviner un comportement criminel, les suspects sont-ils différents des autres par leurs accoutrements, leurs manières de parler ou de vivre, leurs cultures, est ce qu'un couple qui se promène avec enfants bruyants et chiens répond à ces critères ou à d'autres, ect.... La réponse n'est pas simple et elle rappelle de fâcheux souvenirs. Si l'histoire récente vous dit quelque chose, il y a eu plusieurs millions de lettres de dénonciation pendant la seconde guerre mondiale, souvent anonymes ou écrites par des"patriotes soucieux du bien d'autrui". Il était facile de dénoncer ceux qui écoutaient la radio de Londres, les gaullistes, les juifs, les socialiste, les communistes et autres résistants. Malheureusement, il y a eu presque autant de lettres de la même qualité au moment de l'épuration.
Ou trouver l'équilibre entre la recherche naturelle de la sécurité et les moyens d'y parvenir. Aucune solution n'est parfaite et tous les gouvernements se sont cassés les dents sur ce problème de société. La crise qui est annoncée risque encore d'accroître ce fossé entre ceux qui possèdent un peu de biens et ceux qui n'ont rien sans compter ceux qui ont décidé de vivre de rapines, de vols et autres escroqueries. Le maire a remercié les artisans et les petites industries qui, elles, donnent du travail sans rechercher à délocaliser pour augmenter les dividendes reversés à des actionnaires aussi anonymes qu'inhumains. Peut-être faut-il chercher là un début de réponse à ce problème important.
Mais le mot sécurité n'est pas qu'associé à la protection des biens et des personnes. Tous les habitants peuvent prendre les transports en commun, mais qu'en est-il des piétons, cyclistes, parents avec enfants et poussettes, qu'en est-il de leur sécurité? Le maire a énoncé les nombreux travaux d'aménagements des routes et il a sollicité l'avis de tout le monde. Peut-on envisager d'avoir des cheminements "in situ" comme il faut dire maintenant pour toutes ces catégories d'usagers de la route. Ces aménagement existent dans bien d'autres communes, et même à Cranves, il y a des débuts de voies réservées aux piétons, cycliste, mais elles sont très courte et s'arrêtent brutalement à un croisement ou nulle part. Donc, essayons de continuer et cela s'inscrit dans le développement durable.
Bonsoir,
j'adhère tolament à vos commentaires sur notre nouvelle ère du tout-sécuritaire, incitation à la délation, exagération des incidents, mise en exergue de certaines communautés...
Toutefois, ma reflexion porte sur l'évolution de notre mode de vie, qui a engendré cette peur de l'autre et la protection à outrance.
Oui la criminalité augmente. Celle de gamins desoeuvrés car nous sommes trop vieux pour trouver des solutions à leur oisiveté. Celle des "envieux", ceux qui n'ont rien et nous et nos enfants avons tout, trop. Celle de ceux qui veulent plus, il n'y a qu'a se servir chez les autres. Celle des escrocs qui trouvent toujours la faille du système qui doit, qui devrait nous protéger.
Mais cette société là, c'est bien nous qui l'avons engendré. Enfants et petits enfants du baby-boum, qui avons été bercés d'histoire de guerre, de souffrance, de privation.
Nous avons vecu et amassé sans nous préoccuper de notre voisin... qui lui n'a peut-être pas entendu les mêmes histoires.
Nous avons construit une vie d'égoïste et de "chacun pour soi".
Oui on peut s'en plaindre aujourd'hui, mais chacun d'entre nous, que faisons nous, au quotidien pour en sortir ? RIEN.......................................
Cordialement, Cath