En tant d'informaticien, je suis particulièrement sensible à la problématique des logiciels libres et je pense que le sujet mérite d'être abordé dans le cadre de la campagne pour les municipales 2008.

Je le pense aussi en tant que membre d'ATTAC 74 pour laquelle j'ai organisé un stand et des conférences lors du Forum Social d'Annemasse (FSD) en 2004 et 2006 et je prépare celui de 2008. Parce que les logiciels libres ne sont pas qu'une lubie d'informaticien, mais un véritable enjeu de société.

C'est typiquement un cas de figure pour lequel on peut agir au niveau local tout en pensant global.

L'APRIL (Association pour la Promotion et la Recherche en Informatique Libre) a lancé la campagne "Candidats.fr" pour sensibiliser, informer et questionner les candidats à ce sujet. Je soumettrai cette semaine le dossier aux trois listes et je mettrai leurs réponses en ligne ici.

Mais qu'est-ce que les logiciels libres et les formats de fichiers ouverts, et que peut-on faire dans ce domaine au niveau d'une municipalité, d'une école (j'ai eu l'agréable surprise aujourd'hui même de voir qu'en Informatique, mon petit dernier en CE2 apprend l'utilisation d'OpenOffice, là ou ma fille ainée apprenait Microsoft Works...) ou d'une bibliothèque par exemple?

Le sujet est présent dans le rapport Attali, et on vient d'apprendre la semaine dernière que la Gendarmerie Nationale, qui utilisait déjà depuis quelques années "OpenOffice" en lieu et place des logiciels propriétaires de Microsoft comme Word ou Excel, migrera sur 5 ans quelques 70.000 postes de travail sous Ubuntu, pour remplacer Windows. Nous sommes donc en pleine actualité.

Ne surtout pas croire que la décision est uniquement économique avec pour seul objectif d'économiser sur les licences des logiciels. C'est une des raisons, importante certes, mais la Gendarmerie indique surtout choisir Linux:
  • à cause du manque de maturité de Microsoft Vista, des questions techniques et de sécurité à son sujet d'où l'attentisme du monde de l'entreprise,
  • grâce à la maturité de Linux et des logiciels libres, au retour d'expérience positif du monde de l'entreprise,
  • à la sécurité reconnue, essentielle dans l'e-administration,
  • aux applications "non adhérentes" au système d'exploitation (typiquement le navigateur IE est intégré dans Windows),
  • pour l'adoption des standards ouverts de fichier pour une meilleure interopérabilité dans l'administration et vis-à-vis des citoyens (si vous m'envoyez un document Word, je suis "obligé" d'utiliser Word pour le lire, alors que je ne l'ai pas sur mon poste...),
  • parce que leur expérience d'OpenOffice est positive,
  • pour une plus grande indépendance vis à vis des éditeurs de logiciels,
  • et finalement grâce au coût d'adoption et de "sortie du logiciel minimal.
Les logiciels retenus sont Firefox pour le navigateur, Thunderbird pour le mail, et Postfix pour la messagerie, le tout sur Ubuntu, le Linux qui monte... Les documents seront tous au format "odf" standard.   

Les logiciels libres participent de l'idée que l'argent public doit servir le plus grand nombre et ne pas remplir les poches que de certaines grandes sociétés multinationales. Le logiciels libre ne veut pas forcément dire gratuit, mais les coûts sont reportés sur le service et l'intégration, ce qui favorise les acteurs locaux. Il est simplement une autre manière de payer. Au lieu d’une économie de rente — rentes parfois insolentes quand on connaît les marges que font certaines sociétés, l’économie du logiciel libre est une économie de valeur ajoutée. "Un logiciel libre est gratuit une fois qu’il est payé". C’est d’autant plus important pour l’argent public qui a vocation à ne payer qu’une fois. Les logiciels libres sont plus sûrs, plus souples à l’utilisation, et scrupuleusement respectueuses des normes et standards. C’est un gage de pérennité et d’interopérabilité.

Dans le cas de la commune, il faudra tout d'abord faire l'inventaire et l'audit des systèmes et des logiciels utilisés. Ensuite voir ce qui se passe dans l'Agglo (Annemasse utilise déjà OpenOffice), et synchroniser avec le reste des administrations. Puis réaliser une migration en douceur vers le monde du libre. L'administration communale doit aussi donner l'exemple lorsqu'elle met à disposition des formulaires et des documents sur son site web. La future équipe DEVRA refondre le site de Cranves-Sales et permettre l'e-administration. Avec des formats ouverts.

Le budget de ces opérations devrait pouvoir rester modeste, au vu des économies faites sur les licences et sur la maintenance. Il existe de nombreuses sociétés de service LOCALES spécialisées dans les logiciels libres, et des partenaires locaux tels le CITIC 74.

J'aimerai voir ce sigle sur chaque site des listes en présence à Cranves-Sales :

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